Non, Villeneuve-sur-Lot n’est pas une ville dangereuse au sens strict, mais elle connaît une délinquance supérieure à la moyenne pour certains types d’infractions. Avec un taux de criminalité de 55,4 pour 1 000 habitants en 2024, elle se classe 4 752e sur les communes les plus touchées en France. Voici ce que vous devez savoir :
- Les cambriolages et vols restent dans la moyenne nationale
- Les violences physiques dépassent les chiffres régionaux
- Le trafic de drogue reste visible en centre-ville
- Des mesures de sécurité renforcées ont été lancées en 2025
La délinquance à Villeneuve-sur-Lot : chiffres récents et tendances
En 2024, la ville a recensé 1 219 crimes et délits. Ce chiffre représente une hausse par rapport à 2023, où le taux atteignait 44,5 pour 1 000 habitants.
Les violences constituent le principal enjeu. Nous comptabilisons 370 faits en 2024 (16,82 ‰), dont 165 coups et blessures volontaires et 87 violences intrafamiliales. Ces données placent Villeneuve au-dessus d’autres villes de même taille en Nouvelle-Aquitaine.
| Type d’infraction | Nombre de faits 2024 | Taux pour 1 000 hab. |
|---|---|---|
| Violences physiques | 165 | 7,50 ‰ |
| Cambriolages | 57 | 2,59 ‰ |
| Trafic de stupéfiants | 20 | 0,91 ‰ |
| Dégradations | 264 | 12,00 ‰ |
Les vols et cambriolages (334 faits au total) restent stables. Les cambriolages de logements représentent 2,59 ‰, un taux inférieur à la moyenne nationale. Le trafic de stupéfiants (20 faits recensés) se concentre en centre-ville, principalement en fin de journée.
Pourquoi la ville souffre-t-elle d’une mauvaise réputation sécuritaire ?
Cette image négative repose sur plusieurs éléments concrets. Des événements violents récents ont marqué l’opinion publique : un jeune homme tué par balle en avril 2025, un homicide à l’arme blanche en juillet, et l’agression du député Guillaume Lepers lors de la fête de la musique (10 jours d’ITT, 8 points de suture).
La visibilité du trafic amplifie le sentiment d’insécurité. Contrairement aux grandes agglomérations où ces activités se déroulent en périphérie, Villeneuve concentre le deal en centre-ville. Les réseaux sociaux et les suggestions Google (“ville dangereuse”) alimentent cette perception, même si les élus reconnaissent ce problème d’image.
L’absence de Brigade Anticriminalité depuis 2009 a créé un vide dans la réponse sécuritaire. Les syndicats de police considèrent cette situation comme une anomalie pour une commune de 22 000 habitants confrontée à des problématiques urbaines.
Quelles réponses concrètes ont été mises en place pour améliorer la sécurité ?
La ville a lancé en septembre 2025 un Groupe de sécurité de proximité (GSP). Cette unité compte 3 agents, avec un objectif de 5 à terme. Elle patrouille en uniforme, principalement en centre-ville, avec des horaires calés sur les pics de délinquance.
Les premiers résultats sont encourageants. En deux semaines, le GSP a contrôlé 26 véhicules, dressé 64 amendes forfaitaires et initié 3 procédures judiciaires, dont une pour trafic. Les commerçants rapportent un effet rassurant immédiat.
La ville dispose par ailleurs de moyens conséquents : 81 policiers nationaux (1 pour 345 habitants, mieux qu’à Toulouse) et 20 policiers municipaux armés assurant des patrouilles nocturnes. Guillaume Lepers plaide pour des dispositifs pérennes adaptés aux villes moyennes, souvent oubliées des politiques de sécurité nationales.
